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Christine Lagarde, une défenseure de l’innovation monétaire à la BCE

Christine Lagarde a défendu depuis le FMI l’idée de crypto-devises émises par les banques centrales, et plus généralement la fintech

L’arrivée de Christine Lagarde à la présidence de la Banque Centrale Européenne pourrait se traduire par une politique plus axée sur les nouvelles technologies dans la banque. En effet, la directrice du Fonds Monétaire International (depuis 2011) s’est exprimée à plusieurs reprises sur le sujet. Dans son nouveau rapport du 27 juin 2019, le FMI pronostique que les banques centrales vont émettre des monnaies digitales à l’avenir. Le FMI, associant 189 pays, promeut les collaborations monétaires et les échanges internationaux, pour garantir la stabilité du système financier mondial. De son siège, basé à Washington, Christine Lagarde, qui a effectué une partie de sa carrière aux USA et l’autre en Europe, a un poste privilégié pour étudier le potentiel des innovations disruptives, notamment des crypto-devises. Mme Lagarde s’est montrée favorable à l’idée des CBDC (central bank digital currencies), c’est-à-dire les devises digitales gérées par les banques centrales.

Les avantages des crypto-monnaies

Pour leurs partisans, les CBDC combinent à la fois la fiabilité d’une monnaie soutenue par les Etats, avec les avantages du digital (fluidité, suppression des contraintes liées au transport et à la conservation des espèces, réduction des coûts, meilleure traçabilité…). Pour Christine Lagarde, avec une réglementation appropriée, les CBDC peuvent, encadrés par une politique publique, accroître l’inclusion financière, la protection des consommateurs, la confidentialité et la sécurité des paiements, et renforcer la lutte contre la délinquance financière. C’est ce qui ressort par exemple de son discours du 14 novembre 2018 au Singapore Fintech Festival. Elle déclarait alors : « Les banques centrales pourraient élaborer leur monnaie numérique de telle sorte que l’identité des utilisateurs soit authentifiée par des procédures de vérification adéquates et que les transactions soient enregistrées. Mais leur identité ne serait divulguée ni aux tierces parties, ni aux administrations, sauf si la loi l’exigeait ». Mme Lagarde prône un équilibre, avec un maintien du rôle des Etats et des Banques Centrales, et une ouverture à la fintech : « La banque centrale s’occuperait de ce qui constitue son avantage comparatif, à savoir les services d’exécution et de liquidation, et les institutions financières et les start-ups seraient libres de se concentrer sur ce qu’elles font de mieux, à savoir innover et servir leur clientèle. C’est la quintessence du partenariat public-privé ».

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