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Inflation : quels frais bancaires pour 2022 ?

Alors que l’année 2021 a été caractérisée par le retour de l’inflation dans tous les domaines (2,8% à fin novembre selon l’INSEE), les tarifs bancaires vont-ils suivre le même mouvement, après quelques années de relative accalmie ? MoneyVox a étudié les brochures des 68 banques ayant prévu de changer leurs tarifs début 2022 pour en dégager une tendance. Résultat : une augmentation raisonnable sur les services les plus fréquents, quelques incohérences et flambées sur les services exceptionnels, et de nouveaux packages pas forcément intéressants.

Inflation limitée sur les services de base du quotidien

Sur la dizaine de services les plus fréquemment utilisés, les tarifs continuent à augmenter, mais de manière plutôt raisonnable par rapport à l’inflation générale : aux alentours de 1%, en moyenne.

Les frais de tenue de compte montent ainsi de 1,28% sur notre échantillon. « Une hausse plus limitée que les années précédentes, quand la mise en place de ces frais s’est généralisée à la quasi-totalité des banques. Néanmoins, le plus grand flou persiste sur le service rendu au travers de cette ligne tarifaire » modère Maxime Chipoy, Président de MoneyVox.

Sur les cartes bancaires, on assiste à une augmentation limitée des frais sur les cartes Premier/Gold (autour de 1%) – et même à une petite baisse de 0,91% sur les Visa classiques à débit différé. Même si certaines banques, comme le Crédit Agricole Alsace Vosges (passant de 116 à 122 euros pour un débit immédiat) peuvent appliquer des hausses sensibles. Les retraits gratuits continuent, lentement mais sûrement, de baisser (passant de 4,33 à 4 euros pour les banques ayant changé leurs conditions).

Opérations exceptionnelles : une facture plus salée et pas toujours cohérente

La hausse est bien plus marquée sur certaines opérations exceptionnelles ou réalisées en agence.

La mise en place d’un virement occasionnel en agence prend ainsi 3,6% ; la réédition du code confidentiel de carte bancaire, 4,5% ; les chèques de banque, 5,2%.

« En ce qui concerne les chèques, l’envoi de chéquier en courrier simple augmente de 4,87%, à l’inverse du recommandé qui baisse un peu (-0,83%). Ce qui est logique : les banques cherchent à la fois à sécuriser cet envoi… mais aussi à renchérir son usage ! analyse Maxime Chipoy. Ce qui est plus étonnant, c’est l’augmentation de 3,1% des frais de transfert de PEL, alors même que les banquiers cherchent à tout prix à se débarrasser de ce type de produit dont la rémunération leur coûte très cher ! »

Toujours sur le sujet des paiements, les très récents virements instantanés connaissent déjà des augmentations de tarifs, d’environ 5%. Certaines Banques Populaires et Caisses d’Epargne ont en effet mis en place des paliers : cette année elles faisaient payer 1 euro par virement quel que soit le montant ; en 2022 ce sera gratuit pour un petit virement (moins de 300 euros), 1 euro ensuite… mais 3 euros au-delà de 1.500 euros. Voire 5 euros au-delà de 1000 euros pour la Caisse d’Epargne Bourgogne-Franche Comté ! Une politique peu cohérente pour un service qui a vocation à remplacer les chèques. À l’inverse, la Banque Postale rend le virement instantané gratuit, quel que soit le montant.

Notons également que, sans doute du fait des taux bas, les banques vont augmenter leurs frais de dossier de crédits immobiliers : le minimum de perception augmente de 4,8%, et le maximum de perception, de 3,8%. En clair, elles vont désormais facturer de plus petits dossiers de crédits, et se mettront moins de limites pour les gros dossiers.

Packages : très chers Crédits Agricoles sauf pour les jeunes

Les offres groupées de service de base augmentent de 19% en moyenne ! « Un chiffre essentiellement dû à la mise en place, par le Crédit Agricole, d’une nouvelle génération de package nettement moins intéressante que la précédente. Avant, le socle de services avec une carte coûtait aux alentours de 70 euros en moyenne selon les caisses, le client pouvant ajouter des options. Désormais, leur offre « essentielle » est certes plus fournie en services, mais aussi bien plus chère : 120 euros en moyenne ! Les clients ont tout intérêt à conserver leur ancienne offre le plus longtemps possible », analyse Maxime Chipoy.

Cette inflation ne touchera cependant pas les jeunes, « chouchous » des banques – qui espèrent en faire des clients pour longtemps : l’inflation sur les offres groupées « spécial jeunes » sera donc de moins de 1% (0,76%) cette année.

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