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Les résultats avant impôts des banques françaises ont baissé en 2018

Leur activité sous jacente a légèrement reculé, avec une baisse de 0,1% du PNB, selon les calculs de l’ACPR.

Si les banques ont globalement affiché des bénéfices en hausse en 2018, c’est en raison d’un effet d’optique: elles ont payé beaucoup moins d’impôt que l’année précédente (-21%), l’exercice 2017 ayant été au contraire grevé par la surtaxe d’IS imposée en fin d’année par le gouvernement. Avant impôts, le résultat global des six grandes banques françaises a reculé de 2%, à 38,1 milliards d’euros, selon une étude de l’ACPR publiée le 24 juin. Cette baisse de résultat a eu lien dans un contexte de recul du Produit Net Bancaire (PNB). Si, facialement, celui-ci a progressé de 0,9% en 2018, avec la prise en compte des événements survenus en 2017 (principalement un litige qui a grevé le PNB de Société Générale presque à hauteur d’un milliard), le PNB sous-jacent est en baisse de 0,1 %. Cela est dû à la diminution de la marge nette d’intérêt. Elle est tombée à 0,93%, et ne représente plus que 46,4% du PNB. Si les charges d’intérêt payées par les six grandes banques ont baissé de 5,9 milliards d’euros, les produits ont chuté plus lourdement, de 9,2 milliards.

Parallèlement, les frais de gestion ont, à l’inverse, continué de progresser (+2,1%). Du coup, le coefficient d’exploitation (frais de gestion/PNB) moyen augmente de 0,9 point, atteignant 70,2%. Un mouvement contraire à celui de l’ensemble de la zone euro, où les frais reculent: le coefficient median des grandes banques européennes a au contraire reculé de 5,2 points en 2018. Seules les banques allemandes, Deutsche Bank et Commerzbank affichent des performances encore plus mauvaises.

-5% de bénéfices pour la banque de détail en France

Si la banque de détail en France reste, globalement, la principale source de bénéfices nets (14,5 milliards d’euros), ces profits baissent de 5% d’une année sur l’autre. En revanche, la banque de détail à l’international a vu ses résultats bondir de 11,5%. Les résultats de la banque de financement progressent à peine (2,9%), ceux de la banque d’investissement sont en chute libre (-43,36%).

Un RoE un peu en dessous de la moyenne

Logiquement, les banques françaises apparaissent moins rentables que la moyenne, en termes de RoE (rendement des capitaux propres). Mais, les banques tricolores faisant jouer l’effet de levier, l’écart n’est pas très important: leur RoE moyen atteint 6,7% (+0,4 point par rapport à 2017), contre 7% en moyenne pondérée pour les grandes banques européennes.

Stabilité du ratio de solvabilité

Le ratio de solvabilité des grandes banques françaises apparaît stable, à 13,6% (CET1). “Au niveau individuel, une réduction importante est enregistrée par LBP, son ratio CET1 passant de 13,4 % à 11,7 % du fait d’une augmentation rapide de ses risques pondérés (RWA ; +7,2 %) conjuguée à une baisse de ses fonds propres CET1 (-6,4 %). Société Générale affiche également un ratio en légère baisse alors que BNPP et Crédit Mutuel maintiennent leurs ratios stables sur la période. Seuls le Crédit Agricole et BPCE arrivent à renforcer leurs ratios de solvabilité de 0,1 point chacun.

 

 

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