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Après Crédit Agricole, LBPAM sanctionne les investissements dans le charbon

L’ONG les Amis de la Terre salue ces décisions

Une semaine après le Crédit Agricole, La La Banque Postale Asset Management (LBPAM) a annoncé ce 14 juin sa volonté de sanctionner les industries liées au charbon. Une prise de position en cohérence avec son engagement de basculer 100% de ses encours en gestion responsable d’ici 2020.

La sélection des émetteurs des secteurs miniers et de la production d’électricité prendra en compte leurs stratégies en faveur de la transition énergétique et de leur alignement avec l’objectif de l’Accord de Paris (limiter le réchauffement climatique au plus proche d’1.5C). Les investissements de LBPAM se limiteront aux seuls émetteurs qui ont annoncé une sortie pilotée du charbon, à savoir :

– une mise en oeuvre de sortie prenant en compte les spécificités géographiques mises en évidence dans les travaux du GIEC ;
– la fermeture ou la transformation d’actifs, et non leur cession ;
– la prise en compte des impacts sociaux et sociétaux de la fermeture des sites.

” Cette politique charbon innove dans le sens où elle tient compte de la pertinence de la stratégie des émetteurs, au regard des données scientifiques et des enjeux de la ” transition juste ” pour limiter le réchauffement climatique au plus proche de la recommandation : 1.5C ” précise Luisa Florez, Directrice de la Gestion et Recherche Thématiques Durables. “Ces entreprises qui n’ont pas publié un alignement avec les Accords de Paris seront exclues de nos univers d’investissement. Les actions en stock seront cédées. Il en sera de même pour les obligations détenues dont la maturité dépasse 2025.”

Beaucoup mieux qu’Axa, selon l’ONG Les Amis de la Terre.

“LBPAM n’exclut pas toutes les entreprises qui se développent dans le secteur du charbon comme l’a fait Crédit Agricole, mais en excluant tous les développeurs de centrales à charbon, elle fait beaucoup mieux qu’AXA qui n’a désinvesti que des entreprises qui prévoient plus de 3 GW de nouvelles capacités charbon” estime l’ONG Les Amis de la Terre dans un communiqué. “Surtout, LBPAM conditionne comme Crédit Agricole ses soutiens aux entreprises à leur adoption d’un plan de fermeture de leurs actifs charbon. Et comme Crédit Agricole, LBPAM insiste sur le fait que les actifs doivent être fermés et non vendus.”

Pour Lucie Pinson, référente de la campagne finance privée des Amis de la Terre France : “Crédit Agricole a donné le ton la semaine dernière de ce que doit être une politique charbon robuste et il y très encourageant de voir les deux principaux critères déjà repris par un autre acteur financier. Dire non aux entreprises qui se développent dans un secteur aussi polluant que le charbon relève du bon sens, mais celui-ci manque encore cruellement à la majorité des acteurs financiers, comme BNP Paribas, quatrième plus gros financeur européen des développeurs de centrales à charbon. Et surtout, les deux acteurs français font preuve d’un réel leadership en requérant un plan de fermeture de leurs actifs charbon”.

L’exemple d’Engie au Chili

L’ONG souligque qu’Engie “devrait être immédiatement impactée par les nouvelles mesures adoptées par LBPAM et pourrait également être exclue dans les années à venir du soutien de Crédit Agricole”. En effet, “le groupe n’a pas de calendrier de sortie du charbon aligné avec les objectifs de l’Accord de Paris et est connu pour vendre au lieu de fermer ses centrales à charbon”. Cette pratique est clairement ciblée par les nouvelles politiques charbon des banques françaises. Pour Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre : “L’exemple chilien est frappant. Le pays fait partie de l’OCDE et devrait à ce titre sortir du charbon au plus tard en 2030, or Engie refuse à ce jour d’y fermer ses centrales au cours de la prochaine décennie. L’avenir de la flotte charbon d’Engie dans ce pays représente donc un test clair pour les nouvelles politiques de Crédit Agricole et de LBPAM”.

 

 

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