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Linxo va lancer sa carte et son compte de paiement

Cette annonce, faite lors de la conférence Money 20/20 à Amsterdam, va transformer Linxo en établissement de paiement sur le marché français, où elle compte déjà 2,5 millions de clients. La fintech française, basée à Aix-en-Provence et fondée en 2010, a débuté en tant qu’application d’agrégation de comptes bancaires et de budgétisation. Gratuit, ce service est connecté à quelque 320 établissements, ce qui permet aux utilisateurs d’avoir une vue d’ensemble de leurs produits, toutes banques confondues. Linxo propose aussi son application en marque blanche : plusieurs partenaires bancaires l’ont intégrée à leur offre sous leur propre nom.

Par exemple, Linxo s’est associée en mai 2016 à BforBank, la banque en ligne lancée en 2009 par les caisses régionales du Crédit Agricole. Aujourd’hui, Linxo ambitionne de devenir une banque lui-même. Dès 2020, ses utilisateurs devraient pouvoir ouvrir un compte de paiement, et obtenir une carte Visa liée à ce package. Le modèle de Linxo pourrait ainsi se rapprocher de ceux de la banque mobile berlinoise N26, ou celui Lydia en France. Lydia a débuté comme solution de paiement, avant de lancer sa carte Mastercard, puis de proposer Apple Pay et des crédits à la consommation.

Face aux acteurs traditionnels, les nouvelles pousses profitent de leur agilité, pour exploiter dès son entrée en vigueur (en septembre 2019) la DSP2. L’open banking, les statuts d’initiateur de paiement et d’agrégateur de comptes, comme la plateforme paneuropéenne TIPS, multiplient les opportunités des fintechs pour proposer des produits actualisés en temps réel. Avec en ligne de mire le virement instantané entre banques différentes, à initier depuis une application méta-bancaire qui agrège tous les comptes, par exemple comme Linxo et Lydia. A noter toutefois que Linxo ne deviendra pas une banque stricto sensu : un compte de paiement n’est pas un compte bancaire. Il n’est pas couvert par la garantie des 100 000 euros en Europe, en cas de faillite, car il n’est pas un établissement de crédit agréé. Toutefois, selon la cause de la faillite et l’importance de la « néo-banque », le Fonds de garantie des dépôts et de Résolution (FGDR) peut intervenir et couvrir les dépôts tout de même.

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