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L’adoption des services de fintech progresse rapidement dans le monde

La fintech se conjugue au présent, et non plus au futur, selon Ernst & Young. Le cabinet de recherches a sondé pour une étude 27 000 personnes, issues de 27 pays. 75 % des consommateurs mondiaux utilisent déjà des services fintech de transferts de fonds et de paiement.

La Chine et l’Inde, principaux marchés de la fintech

Les technologies financières sont en plein essor, mais toutes les populations ne les adoptent pas avec le même enthousiasme. Ainsi, la fintech est utilisée par la majorité des consommateurs en Inde, en Chine et au Royaume-Uni. Au contraire, elle l’est beaucoup moins aux Etats-Unis, en France et au Japon, où elle suscite plus de réserve que d’engouement. Tom Bull, directeur en charge de la fintech pour EY au Royaume-Uni, explique à Finextra, le 3 juin 2019 : « Comme la Chine et l’Inde montrent le chemin, la fintech va devenir la tendance majoritaire. Aucun établissement financier ne veut être à la traîne. En moyenne, au niveau mondial, près de deux tiers des consommateurs (64 %) ont utilisé deux, ou plus, services de fintech au cours des six derniers mois ». Pour les besoins de l’étude, cinq catégories de services ont été évaluées : les transferts d’argent et les paiements, la budgétisation et la planification financière, l’épargne et l’investissement, le prêt et l’assurance. En Chine et en Inde, 87 % des sondés sont des clients de fintech. L’Afrique du Sud (82%), la Russie (82%), la Colombie (76%) et le Royaume-Uni (71%) font aussi partie des pays où les consommateurs recourent le plus aux prestations de fintech. Par contre, seule 46% de la population des Etats-Unis fait de même, ce qui (d)étonne au pays de la Silicon Valley. En France, seulement 35 % des personnes interrogées consomment de la fintech. Les Japonais sont les plus réticents au monde, avec 34 % d’adeptes.

Plus d’un tiers des Chinois ont au moins 5 prestataires de fintech

Et visiblement, la fintech agit comme les bonbons : plus on en consomme, plus on en redemande. Les consommateurs qui ont franchi le pas y prennent goût : ainsi, plus d’un tiers des Chinois utilisent les services de fintech de cinq prestataires ou plus. Même constat chez près d’un quart des Britanniques : ils ont au moins cinq fournisseurs de fintech, voire davantage. Le comportement des clients change : la fidélité à un fournisseur, qui réservait des privilèges en échange, n’est plus une vertu cardinale. Le rapport qualité-prix importe davantage. Ernst & Young relève un indice de la maturité croissante du marché de la fintech : la façon dont les consommateurs cherchent un prestataire. Au niveau mondial, 27 % ont pour première priorité le prix du service. Pour 20 %, il est essentiel qu’il soit facile d’ouvrir un compte. Par comparaison, en 2017, l’accessibilité était la priorité principale de 30 % des sondés. Les transferts d’argent et les paiements se classent en tête des prestations de fintech les plus plébiscitées. 75 % des consommateurs mondiaux en utilisent en 2019. 96 % des sondés savent que de telles alternatives existent. Du côté des assurances, la fintech a aussi le vent en poupe. Ainsi, près d’un assuré sur deux dans le monde a recours à un site de comparaison des primes, utilise un appareil connecté envoyant des informations à son assureur, ou achète des produits d’insurtech comme une assurance de pair à pair.

Les consommateurs très ouverts à la fintech des commerçants et des opérateurs

A noter que la fintech n’est pas qu’une histoire de startups ni l’apanage des banques en pleine transformation digitale. Ainsi, 45 % des consommateurs mondiaux sont prêts à employer les services de fintech fournis par les commerçants et 44 % par les opérateurs de téléphonie. Les PME ne sont pas en reste. Un quart de celles qui ont été sondées utilisent déjà des services de fintech pour la banque et les paiements, la gestion financière, le crédit et l’assurance. Tom Bull remarque : « Les fintechs répondent aux besoins des PME au quotidien. Leurs outils, comme la comptabilité en ligne, les systèmes digitalisés de facturation et de traitement des paiements, offrent un nouveau souffle aux petites entreprises. Elles peuvent davantage se consacrer au développement de leurs activités ».

 

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